Paroles de vie

De la montagne et de la fin de Marina Tsvetaeva. Maison de la poésie à 19 heures. Jusqu’au 28 juin. Tél. : 01 44 54 53 00

Il ne restera d’une passion fulgurante qu’éprouva la grande poétesse russe Marina Tsvetaieva pour un certain Konstantin Rodzévitch, un membre de la colonie russe de Prague, que deux superbes poèmes, Poème de la montagne et Poème de la fin, ainsi que 31 lettres qu’elle écrivit à son amant de quelques semaines. Nous sommes en 1924, et c’est « au zénith de l’amour » qu’elle décidera de rompre avec lui, affirmant qu’il ne lui « reste plus qu’une chose, la poésie »… Tant mieux pour nous, car c’est cette matière que Nicolas Struve, davantage connu comme comédien que comme metteur en scène, a décidé de porter à la scène avec une finesse et une rigueur dignes d’éloge. Aucune fioriture, ni dans le petit espace de la cave de la Maison de la poésie, ni surtout dans le travail effectué par la comédienne Stéphanie Schwartzbrod qui réussit là une étonnante performance. C’est merveille d’entendre cette voix très particulière teintée d’un très lointain accent détacher chaque mot, chaque syllabe de la poétesse russe, dans une scansion redonnant aux mots leurs couleurs et leur sonorité originelles. On savait Nicolas Struve attentif à la poésie. Il apporte ici une nouvelle et belle preuve de ce « penchant » sans lequel il ne saurait y avoir d’acte théâtral.

Jean-Pierre Han

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