Une toute petite chose

FESTIVAL D'AVIGNON

Dinamo de Claudio Tolcachir, Melisa Hermida et Lautaro Perotti. Gymnase du lycée Mistral à 15 heures. Tél. : 04 90 14 14 14.

De l'auteur et metteur en scène du Cas de la famille Coleman, Claudio Tolcachir, on attendait bien autre chose que ce « petit » spectacle co-réalisé avec Melisa Hermida et Lautaro Perotti. Situation de base établie, avec pour tout décor l'intérieur d'une caravane ouverte au regard du public, et trois personnages de femmes bien dessinés au départ, soit une dépressive dont l'heure de gloire est d'avoir battu jadis au tennis une joueuse plus forte qu'elle, dont les parents qui rêvaient d'elle en championne se sont tués dans un accident de la route, sa tante, propriétaire de la caravane, ex-chanteuse de rock complètement défoncée et incapable de prononcer le moindre mot, mais parvenant dans un suprême effort à chantonner dans son micro, et enfin une immigrée d'un pays de l'Est, son sabir le laisse clairement entendre, cachée clandestinement dans les placards de la caravane… Trois femmes, trois solitudes ne parvenant pas à communiquer entre elles. Autant dire que les dialogues sont réduits, par la force des choses, à leur plus petite expression, ce que pallie peut-être le musicien présent sur scène censée représenter un terrain vague… Un étrange phénomène se produit sur le plateau : nous sommes en perpétuelle attente de quelque chose qui ne se produira jamais, d'où forcément le caractère déceptif de l'ensemble. Les trois femmes bien caricaturée (l'immigrée clandestine par exemple revêt un costume folklorique de son pays…) ne parviendront jamais à établir le moindre contact entre elles ; rien ne se noue et l'on se retrouve, passé le moment de découverte de la situation, dans un réel état de frustration. Quelques idées originales et drôles ne sont elles non plus jamais exploitées. Les comédiennes, Marta Lubos, la chanteuse, Daniela Pal, la dépressive, Paula Ransenberg, l'immigrée, même accompagnée par le musicien Joaquin Segade, malgré leur beau tempérament, n'y peuvent rien.



Jean-Pierre Han

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