FESTIVAL D'AVIGNON IN

Un naufrage

Arctique de Anne-Cécile Vandalem. La Fabrica jusqu’au 24 juillet à 18 heures. Tél. : 04 90 14 14 14. festival-avignon.com

Il y a deux ans Anne-Cécile Vandalem avait triomphé au festival d’Avignon avec Tristesses repris cette saison en tournée en France. Même si on pouvait émettre des réserves sur ce spectacle il était d’une authentique tenue. On n’en dira pas autant de sa nouvelle production Arctique pourtant attendue avec une certaine impatience. C’est à une véritable bouillie à laquelle nous convie la metteure en scène belge. Une bouillie dans laquelle tous les ingrédients pour un succès annoncé ont pourtant été jetés ; d’autant qu’ils ont été véritablement composés avec l’air du temps, celui de l’écologie avec focus sur le changement climatique affectant cette fois-ci la route de l’Arctique et le Groenland et la volonté de ce pays de conquérir son indépendance. Nous sommes conviés à savourer cette histoire d’un navire, l’Arctic Serenity, laissé à l’abandon après avoir été transformé pour œuvrer dans le tourisme de luxe, mais qui à la suite d’un accident survenu contre une plateforme pétrolière a été abandonné et est condamné à poursuivre sa route dans les eaux internationales tel un navire-fantôme. Sans être originale la trame pouvait encore et toujours accrocher les spectateurs toujours avides de belles histoires qui en rappellent bien d’autres de notre enfance… Anne-Cécile Vandalem installe son histoire dans un futur proche, en 2025, avec ce navire vide mais dans lequel ont tout de même été invités quelques personnalités par lettre anonyme : on n’en saura pas beaucoup plus si ce n’est qu’ils ont tous une certaine responsabilité dans l’accident qui a tué une militante écologiste… Un vrai thriller à la Dix petits nègres d’Agatha Christie même s’ils ne sont ici que sept. E la nave va mais nous ne sommes pas hélas dans le film de Fellini… On le regrette infiniment, car ce qui déroule sous nos yeux ressemble à une vieille bande dessinée dont le scénario aurait été mal ficelé et les dessins pas franchement intéressants. La vidéo, car bien sûr la vidéo est omniprésente, est plutôt mal articulée avec ce qui se passe sur le plateau. Tout va à vau l’eau dans cette histoire que l’on finit par ne plus suivre malgré la musique live installée dans la scénographie de Ruimtevaarders. Et parler de politique (fiction ou pas) est franchement exagéré et ne sert que d’alibi.

Jean-Pierre Han

admin