FESTIVAL D'AVIGNON OFF

Une chronique très particulière

J’arriverai par l’ascenseur de 22 h 43 de et par Philippe Soltermann. Mise en scène de Lorenzo Malaguerra. Théâtre Arto, jusqu’au 28 juillet à 13 heures. Tél. 04 90 82 45 61.

J’espère que l’auteur (de belle facture) et interprète (de toute aussi belle facture), Philippe Soltermann ne me tiendra pas rigueur si je lui avoue ne pas être un inconditionnel de Hubert-Félix Thiéfaine, puisque, paraît-il, son spectacle est « une chronique d’un fan » (lui en l’occurrence) du chanteur. Cette « chronique » d’ailleurs n’intervient que comme sous-titre, le titre principal étant le beaucoup plus intéressant : J’arriverai par l’ascenseur de 22 h 43. Dans l’attente de cette bienheureuse heure, le comédien a le bon goût de nous entretenir, de Thiéfaine donc, mais pas que. Et c’est heureux, car il nous embarque dans les méandres d’une pensée (et d’une vie) vagabonde, guidé par le très subtil Lorenzo Malaguerra qui fait mine de lui laisser la bride sur le cou, mais qui, en fait, l’emmène dans des endroits pour le moins obscurs et improbables. C’est d’une drôlerie et d’une force incroyables pour peu que l’on y prête attention. C’est que le comédien a du bagout, passant sans coup férir d’un registre à l’autre, d’un délire à l’autre, a-t-on envie d’ajouter. Bien sûr, le spectacle a un côté presque documentaire, nous présentant les affres et autres tourments d’un aficionado d’un « grand » chanteur, mais il y a bien d’autres choses dans cette confession – c’en est véritablement une. Un regard sur le monde et la vie sans doute. Interprété, vécu par Philippe Solterman, cela prend des allures d’une véritable épopée, le tout livré avec un maîtrise de tous les instants. Attendons donc l’ascenseur de 22 h 43, après le train de 8 h 47 de Courteline…

Jean-Pierre Han

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